Le civisme, ça s’apprend. Et si le meilleur exercice était tout simplement de participer concrètement à la vie de la commune ou du département? Plus de 1000 collectivités territoriales (mairies, départements ou régions) ont créé des conseils de jeunes ou d’enfants. Leur rôle: initier les enfants au fonctionnement des institutions et leur permettre de s’investir dans la vie locale, en apportant des idées et en réalisant des actions pour améliorer la vie des habitants.

Sans existence légale, ces conseils n’ont bien sûr aucun rôle effectif. Mais leurs propositions sont souvent suivies d’effet, dans la mesure où elles sont relayées au sein du conseil municipal. Leurs réalisations? Racisme, formation, emploi, écologie, aussi espaces de jeux, médiathèques, aménagement des rythmes de vie et des transports: tous les sujets peuvent être abordés. A Créteil c’est une campagne de sensibilisation au vote: «Si tu votes pas, tu comptes pas!». A Alès (Gard), c’est la réalisation d’une piste cyclable. A Lyon, une collecte en faveur de bébé du cœur. A Brive-la-Gaillarde, après une collecte pour les relais bébés des restos du cœur, c’est une étude pour l’aménagement d’un skate park… Partout en France, les idées fleurissent. «Nous sommes frappés par l’intérêt et la générosité des enfants», note Anne-Marie Thomas, qui supervise les travaux du conseil municipal des jeunes de Louveciennes (Yvelines ): «Ils sont par exemple très attentifs aux besoins des personnes âgées».

Découvrir le sens de l’action collective

Au-delà de l’implication dans la vie locale, grâce à ces conseils, les enfants et les adolescents apprennent à débattre en toute démocratie. Comme le soulignent les responsables de l’ANACEJ (Association nationale des conseils d’enfants et de jeunes, qui regroupe quatre centss conseils), «les jeunes apprennent à défendre leur position, à tenir compte de celle des autres, à former leur jugement, à argumenter, à prendre la parole, toutes qualités nécessaires pour se faire entendre et prendre part à l’édifice commun».

Deux sociologues, qui ont interviewé d’anciens participants à ces conseils, ont d’ailleurs noté que cette expérience avait donné aux jeunes envie d’agir au service de tous, et leur avait fait découvrir le sens de l’action collective.

Pour la mairie, c’est aussi une bonne façon de rester à l’écoute des jeunes. Et pas seulement pour les petites communes, puisque à Lyon, par exemple, dans toutes les écoles de la ville, les classes de 4e, de 3e et de Seconde élisent 73 adolescents qui siègent au conseil municipal des jeunes, encadrés par trois adultes de la mairie.

Que l’idée vienne d’un élu ou d’un simple citoyen, les conseils d’enfants ou de jeunes sont le plus souvent issus d’une initiative individuelle. Alors pourquoi pas vous?