Petits, ils culpabilisent, pensant que c'est de leur faute si leurs parents ne s'entendent plus. À l'adolescence, ils doivent gérer deux crises à la fois. Trop c'est trop. Si des problèmes scolaires, ou des comportements inhabituels apparaissent, il est conseillé de consulter un psychologue, ou un pédopsychiatre. En thérapie familiale ou individuelle, selon la volonté exprimée par l’enfant.

Comment leur parler du divorce? Avec quels mots leur expliquer?



- N’attendez pas le dernier moment pour en parler.
- Expliquez à votre enfant que c’est une affaire de couple, que ce n’est pas de sa faute. Dites lui que vous ne vous entendez plus mais qu'il est le fruit d’une union et d’un amour pour le rassurer sur ses origines, sa filiation et sur l’avenir. Qu’il est le fruit d’une belle histoire passée et que vous l’aimez tous les deux, autant qu’avant.
- Quel que soit son âge, l’enfant a les moyens de comprendre. Il en a besoin pour assimiler et accepter les bouleversements dans sa vie.

Si l’enfant est bébé, le parent chez qui il vit devra expliquer simplement la séparation: le bébé est sensible aux intonations. Il est conseillé d’évoquer le parent absent, de parler de lui. Par exemple: «papa est au travail maintenant, ou bien il est chez lui, tu le verras ce week-end.» Mentionnez le mot «papa» ou «maman» en son absence. Mettre une photo du parent absent dans la chambre du bébé est aussi conseillé, pour le représenter et le symboliser. Évidemment, cela est faisable si la séparation n’est pas violente.

À partir de deux ans, l’enfant comprend les mots. Il faut profiter d’une occasion où il est réceptif pour lui parler du divorce: «assieds-toi, j’ai quelque chose à te dire.» L’enfant comprend que c’est important.

- Ne pas critiquer l’ex-conjoint, car en faisant cela, on dévalorise l’enfant qui puise ses racines dans les deux parents. Idem pour les beaux-parents qui ne doivent pas critiquer l’ex-gendre ou l’ex-belle-fille. Le ciment idéal, c’est l’entente cordiale entre l’ancien couple.
- L’enfant a besoin de son père, l’image paternelle est indispensable. Ne mettez pas votre passé à la poubelle. Et si vous éprouvez de la haine au lendemain du divorce, pensez à l’avenir: quand votre enfant sera adolescent, vous aurez bien besoin d’être deux pour surmonter les problèmes!
- Divorce ou séparation: pour un enfant, ces deux mots n’ont peut-être pas le même sens. Le divorce véhicule une notion de définitif: «c’est fini, mes parents ne revivront plus jamais ensemble.» La situation est difficile, mais elle est claire. Si les parents n’étaient pas mariés et se séparent, le terme de séparation véhicule quelque chose de moins définitif. Quand on se sépare, on peut revivre un jour ensemble. Cette situation mérite donc des explications supplémentaires, comme: «Papa et maman se séparent, c’est une décision définitive, ils ne revivront plus ensemble parce qu’ils ne s’entendent plus ou ne s’aiment plus comme avant.»
- Attention, ne rabâchez pas: il faut parler de la séparation sans exagération. Car l’enfant en aura vite assez et risque de rejeter les faits. Mais il faut laisser la porte ouverte: «si tu as besoin de m’en parler, je suis à ta disposition pour t’écouter et répondre à tes questions».

Quand faut-il consulter un psychologue?


Les parents peuvent très bien faire leur métier de parents. Mais si l’enfant manifeste une régression (propreté, problèmes d’alimentation, etc.), devient coléreux ou se met à mal travailler à l’école, il faut envisager de consulter.

Où s’adresser? Demandez à votre pédiatre, votre généraliste, au centre de PMI, à une assistante sociale à la mairie.