Les allergies alimentaires touchent trois fois plus les enfants que les adultes. Soit 4 à 8% des enfants en âge préscolaire et 2 à 3% d’enfants plus âgés. Leur fréquence a doublé en cinq ans. Celle des urgences allergiques (formes graves) a été multipliée par cinq au cours des quinze dernières années. L’allergie à l’arachide, en particulier, devient très préoccupante, et est en passe de devenir un réel problème de santé publique.
Il ne faut pas oublier que les allergies alimentaires peuvent avoir de graves conséquences. La plupart des accidents proviennent hors du milieu familial, lorsque les parents ne sont pas là pour surveiller l’alimentation de leur enfant (colonie de vacances, goûter d’anniversaire…).
Une prédisposition génétique
L’hérédité est une des causes les plus courantes des allergies alimentaires. « La confrontation trop précoce de l’enfant a une multitude d’aliments aromatisés, enrichis en protéines et additifs divers » contribue aussi à multiplier les cas d’allergies, précise le Dr Jean-Claude Waguet de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul. Sont également incriminées la diversification alimentaire trop précoce, mais aussi des facteurs environnementaux tels que les acariens, les animaux domestiques, l’exposition au tabagisme pendant la grossesse et après la naissance.
Le responsable de l’allergie : la protéine de l’aliment
Chez les enfants de moins de 15 ans, l’allergie à l’œuf est la plus fréquente (34%). Viennent ensuite l’allergie à l’arachide (23%) et au lait de vache (8%). L’allergie à l’arachide est particulièrement préoccupante. Elle progresse fortement, et ne peut pas être traitée autrement qu’en évitant totalement d’en manger. Ce qui est particulièrement difficile, puisque l’arachide et la cacahuète se retrouvent, sans que ce soit forcément inscrit sur l’étiquette, dans quantités de préparations industrielles, telles que des crèmes dessert, des plats cuisinés, des biscuits salés ou sucrés…
Les symptômes
Ils sont nombreux et parfois inattendues. Citons par exemple:
• les réactions cutanés : eczéma, urticaire, aphtes,
dermatite atopique
• les réactions respiratoires : crise d’asthme, rhinite,
• les réactions gastro-intestinales,
• les manifestations anaphylactiques (malaise général grave d’apparition brutale) : hypertension, hypotension, perte de connaissance, œdème de Quincke, syncope, voire décès.
La prise en charge des enfants allergiques
Le médecin tente d’évaluer les risques grâce à des tests cutanés et à un interrogatoire détaillé –quasi policier– , sur les habitudes de l’enfant et l’environnement familial. Ce qui permet d’identifier le ou les aliments responsables afin de les supprimer des repas de l’enfant. Le traitement d’une éventuelle hyper-activité bronchitique ou d’un asthme est mis en place. Enfin l’introduction ou la réintroduction alimentaire se déroule en milieu hospitalier