Le bégaiement
Statistiquement, 1% de la population est bègue. Les garçons semblent plus touchés que les filles par ce défaut d'expression qui n'est pas considéré comme une maladie. En effet, ce trouble du langage est bien différent des troubles articulatoires ou phonologiques rencontrés dans les autres pathologies. Il s'agit là d'une difficulté à «prendre la parole» plus que d'une défaillance centrale du système nerveux.
Repérer un bégaiement
La présence inhabituelle et répétée d'hésitations, de répétitions et d'arrêts signale une parole qui n'est pas «normalement» fluente. Reste que la frontière entre une parole déformée et un parlé au stade de l'apprentissage s'avère difficile à déterminer. Seuls observateurs pertinents: l'institutrice et les parents. Les bégaiements peuvent apparaître brutalement (suite à un traumatisme par exemple) ou en progression. Il débute le plus souvent entre 3 et 7 ans (dans 68% des cas) parfois plus tôt, parfois jusqu'à 12 ans. Rarement après. Enfin, pour mieux repérer un bégaiement, il vous est possible d'écouter quelques extraits sonores diffusés par l'Association Parole-Bégaiement.
L'enfant ne bégaie pas systématiquement
Le bégaiement varie sous l'influence de l'émotion, la fatigue et toute les situations qui renvoient l'enfant à une angoisse. Souvent, le bégaiement n'existe que dans le contexte de la communication spontanée, c'est à dire face aux autres. Dans une discipline comme le chant, la lecture ou le théâtre, les bégaiement disparaissent souvent. Car il ne s'agit plus dans ce cas d'un dialogue spontanée avec autrui...
Quelles sont les causes du bégaiement ?
Il n'existe pas aujourd'hui d'accord général sur la genèse du bégaiement. Certains insistent sur le plan moteur, d'autres sur l'aspect comportemental ou psychologique, c'est selon. Car il s'agit souvent d'un ensemble de facteurs très particuliers qui concourent à l'apparition du bégaiement et à son installation dans le temps («chronicisation»). Parmi eux, on peut identifier des facteurs déclenchant et les facteurs favorisants, l'un n'allant pas sans l'autre.
Les facteurs déclenchant
Chaque cas étant particulier, les facteurs déclenchant sont souvent des événements ordinaires très mal ressentis par l'enfant. Par exemple, un déménagement ou un simple changement d'école. Un facteur déclenchant peut également être une frayeur ou un choc émotionnel à la suite d'un accident, d'un incendie, ou encore d'un deuil. «Par expérience, le cas le plus fréquent, c'est l'arrivée du deuxième enfant« souligne le docteur Di Mascio.
Les facteurs favorisants
Un enfant est susceptible de présenter un terrain favorable au déclenchement du bégaiement. Par exemple, une exigence trop poussée quant à la qualité de la parole, un conflit parental, des problèmes relationnels dans la fratrie, des difficultés de communication entre les membres d'une même famille, sont autant de facteurs familiaux qui finissent par trop peser sur la vie de l'enfant, un sentiment d'insécurité qui va se manifester par une difficulté d'expression. Une éducation trop rigide peut aussi inhiber l'enfant qui n'ose plus s'exprimer et n'arrive plus à «sortir les mots».
Outre le contexte familial, l'enfant peut présenter les traits d'un caractère obsessionnel, un tempérament volontaire et perfectionniste constamment à la recherche d'une perfection qu'il n'atteint jamais... Enfin, la piste génétique tend de plus en plus à être reconnue sans certitude cependant.
Que faire ?
Surtout, ne pas attendre. Même si un enfant sur trois perd son défaut naturellement, mieux vaut ne rien laisser au hasard. D'autant plus que le cercle vicieux - bégaiement; rires, moqueries; sur-bégaiement - risque de s'installer. Le défaut sera alors beaucoup plus difficile à corriger. Pour éviter que le trouble ne s'installe dans le temps -risque de «chronisisation»-, la réponse pratique consiste à identifier d'où vient le mal, l'expérience clinique montre que le bégaiement s'installera d'autant plus sûrement que des facteurs non exprimés seront à l'oeuvre, d'où la nécessité d'associer une prise en charge pédo-psychologique à l'orthophonie.